vendredi 28 novembre 2008

* { THE ONE WHERE ARAGON ROCKS ! }




""L'amour est la seule perte de liberté qui nous donne de la force", cette phrase que je tiens de qui m'est le plus cher au monde, résume tout ce que je sais de l'amour. Si l'amour exige le sacrifice de tout ce qui fait la dignité de la vie, je nie que ce soit l'amour.
Je ne puis absolument pas me passer de la présence de qui j'aime. Il est possible que ce soit une infirmité."

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"Quand l'idée de l'amour, de cet amour, précisément de cet amour, se leva-t-elle en mon esprit, c'est à quoi je ne puis à la fois, et je puis bien répondre. Tout me séparait de celle que j'entrepris d'abord de fuir, et fuir en moi-même surtout. Il y a dans mon emportement avec les femmes une certaine hauteur, qui tient à plusieurs regrets que j'ai, à ce que j'ai longtemps cru qu'une femme, au mieux pouvait me haïr, à ce sentiment horrible de l'échec qui me porte toujours aux confins d'une ombre mortelle. Cette femme-ci, je me suis défendu de l'aimer, j'ai détourné d'elle avec une sorte de terreur qui avoue, les regrets mêmes du souvenir. Divers sentiments que j'avais me dictaient aussi ma conduite. Sans doute alors devinai-je pourtant sans fixer les traits d'un fantôme, une modification de mon coeur, le filigrane étrange de l'amour commençant déjà d'y paraître. Je crus à une disposition générale de mon humeur, et c'est dans ce désordre réel que je rencontrai une autre femme. Que je le lui avoue aujourd'hui, que tout ceci s'endort, et qu'elle me pardonne. Je l'ai aimée à ma façon de ce temps-là, comme il m'était possible, et sans savoir que son image à une autre était pourtant mêlée, je l'ai bien aimée sans mentir, d'un amour qui ne s'est effacé que devant l'amour même, et elle sait très bien qu'elle m'a rendu malheureux. Aux obstacles qu'elle m'opposait, pourtant plusieurs fois défaillante, je n'ai point usé cet amour, et sans doute qu'il y puisait sa vie. Mais entendez-moi, chère amie, j'ai retrouvé en moi ce que j'avais nié. Vous étiez ma seule défense et déjà vous vous éloigniez. Alors j'ai été malheureux pour l'autre, sans croire qu'elle en saurait rien. Je vivais sans aucun effort pour me rapprocher d'elle. J'ai dit que d'autres sentiments, alors, m'en écartaient. Puis je tremblais d'éprouver ma faiblesse. Je craignais que le jour ne me devînt intolérable, si elle m'humiliait une fois. Elle fit cette chose extraordinaire, de m'appeler à elle: et moi je vins. Soirée du trouble, soirée éclipse: alors devant le feu qui jetait sur nous deux ses grandes lueurs, j'accédai, voyant ses yeux, ses yeux immenses et tranquilles, j'accédai à l'idée de cet amour conçu et nié, qui s'imposait soudain à moi dans l'évidence, à la portée de ma main qui se croyait démente. Je ne me hâtai point. Cela dura des heures et des heures, sur le versant insensible de l'aveu. Il n'y eut point de rupture entre l'indifférence et l'amour. Une porte enfin cède, et c'est ainsi qu'apparaît le merveilleux paysage."

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"Dans la nuit l'amour
Au soleil l'Amour
L'amour l'amour sous la pluie
Au grand vent l'amour
L'amour l'amour dans la grêle
L'amour l'amour dans la neige
Ah tes yeux aveuglés de foutre
Le foutre est tombé

TOUT PETIT DEVANT TOI
LE FOUTRE OU LES LARMES
DEVANT TOI TOUT PETIT
LE FOUTRE A DES CHARMES
QUE LES LARMES N'ONT PAS".

lundi 27 octobre 2008

* { THE ONE WHEN BUDDHA WILL GIVE ME ANOTHER CHANCE }

Quand on passe l'arme à gauche, il y a deux solutions.
Soit on a été bon et bien mignon toute sa vie sans jamais avoir fait d'écarts (ce qui doit arriver à 0,0012% de la population mondiale selon mes calculs) et alors on accède au Nirvana instantanément ; soit on a un peu dévié de son chemin et alors là il va falloir ramer ,mes enfants, pour le mériter son Nirvana.

Bouddha a décidé, tout seul arbitrairement tout puissant qu'il se sentait au pied de son chêne rabougri et après avoir sans doute ingéré le matin-même (ça bien sûr on ne le dit jamais) du lait de yack hallucinogène, qu'une fois la formalité de la mort effectuée, il faudrait que nous autres, pauvres vivants à la spiritualité fluctuante, nous soyons mis à l'épreuve de notre vie passée.
En gros, on allait morfler.

A la douzième taff de son joint de poils de yack, Bouddha s'est dit... "Bah c'est bien gentil de les mettre à l'épreuve mais quel concept je vais inventer pour pouvoir y parvenir ?" Et là alors qu'il pensait profondément, il vit une fourmi courir le long de sa main... Il sourit, et releva les yeux à l'horizon, le regard absent. Il aperçut dans un champ près de lui une petite chèvre qui courait après un papillon autour de spirales magiques irisées qui produisaient des étoiles jaunes douées de parole et dont les branches étaient armées de petites mains qui le saluaient dans un feu d'artifices violet...
Ah non non, attendez ! En fait ça c'étaient toujours les restes du lait de yack du matin !

Plus sérieusement, il vit sa fourmi puis sa chèvre puis plus tard un minuscule oiseau, et là eureka ! la solution lui vint ! Bouddha le tenait, son concept !

Il abandonna brièvement sa méditation et se rendit dans son temple afin de partager avec ses frères moines le fruit de ses recherches. "Alors on dirait qu'on était mort, et alors en fonction de ce que l'on a fait de bien ou de pas bien dans sa vie, on renaîtrait réincarné sous quelque forme que ce soit pour amasser du bon karma, ce qui à terme ouvrirait les portes du Nirvana, mais attention plus on a été mauvais et plus on reviendra sous une forme inférieure, il faudra gravir les échelons !". Mine satisfaite de Bouddha, salve d'applaudissements, bravo Bouddha vous êtes le meilleur, excellente idée !
L'idée fut validée et mise en service le jour même.
La réincarnation venait de voir le jour.

Voilà pour la reconstitution historique des faits.
Voyons maintenant la mise en pratique.

Alors comme ça, on disposerait d'autres chances... Intéressant !
Mais on reviendrait dans ce monde sous une forme différente relative à notre parcours dans la vie. Ainsi on pourrait imaginer que les dictateurs ou les terroristes reviendraient sous forme de bactéries rectales ou d'hémorroïdes... Pour les menteurs et les trompeurs, ce serait sous forme de vers de terre ; pour les égoïstes, sous forme de mouches.
On peut tout imaginer, c'est ça qui est bon ! Plus on a été la lie de ce qui se faisait de mauvais dans sa vie, et plus on reviendrait sous une forme merdique. Concept génial ! Tout en sachant qu'il fallait gravir les échelons pour atteindre le Nirvana ; autant dire qu'Hitler et ses petits copains vont ramer pour l'atteindre (s'ils l'atteignent un jour, car Bouddha est un petit malin...).

La vraie tuile, c'est de revenir sous forme de bactéries ou de plantes. L'horreur. Ne pas posséder d'esprit, devoir rester là soit à faire potiche dans le cas du végétal, soit à racler du tissu humain dans le cas de la bactérie.
Comme je n'ai pas été exemplaire jusqu'ici, j'imagine que lorsque je me réincarnerai je reviendrai sous forme d'animal. Je me vois bien en poule pondeuse. Courtisée par le coq et les poulets de la basse-cour mais uniquement quand je le décide (oui, nous les femmes, nous sommes comme ça), affalée les trois quarts de la journée sur ma paille avec mes oeufs sous moi et le reste du temps à picorer deux trois graines par terre.
En plus avec un peu de bol, certaines de mes consoeurs seront elles-mêmes des réincarnations et alors on pourra refaire le monde en se grattant la crête.

Après ma vie de poule pondeuse, où mon karma se sera élevé car de mon arrière-train j'aurais nourri la famille du fermier, je reviendrai peut-être en cheval. Plus grand, plus majestueux, plus beau, je pourrais frimer avec mes beaux sabots et ma belle crinière. Je serais mis à l'épreuve chaque jour, étant forcé de dormir debout dans un box sentant le crottin. Puis je serais monté par un jockey, je lui ferai gagner des courses et on m'acclamerait comme une star. Malheureusement, à la suite d'une blessure bénigne qui s'infectera, je serais obligé de passer à l'abattoir. La tuile !

Alors je reviendrai en lionne ! Oui parce que je n'ai pas de bol en fait ! Le lion, lui, il ne fait rien de ses journées, il glande à l'ombre. Mais comme je n'aurais pas assez accumulé de karma, je serais lionne. En gros, celle qui se tape tout le boulot sous 50°C 24h/24 7j/7 !
Mais je serais belle, et je chasserais comme une pro. Je deviendrais mère d'une portée de 5 lionceaux auxquels j'enseignerais mes techniques de chasse. Ils me regarderont avec admiration, et assureront ma digne succession quand un soir de tempête et de pluie diluvienne, un palétuvier me tombera sur le coin de la truffe et m'écrasera lamentablement.

Et là peut-être qu'après ces 3 mises à l'épreuve, Bouddha considèrera l'éventualité de m'ouvrir les portes du Nirvana s'il considère que mes vies réincarnées m'ont permis de corriger mes erreurs passées. J'aurais un peu le trac car Bouddha est réputé pour être peau-de-vache mais après avoir pondu comme une acharnée, couru et chassé avec tant de dynamisme et d'élan, je pense que c'est nettement envisageable.
Alors il m'accordera le bonheur suprême dans sa profonde mansuétude, il m'enverra dans la lumière et me laissera sauter de nuage cotonneux en nuage cotonneux jusqu'au restant de mon éternité, et je rencontrerai tout le monde, tout ceux qui comme moi auront réussi le test après les épreuves, et tous on se retrouvera, on s'asseoira enfin apaisé et on se sourira.

Et pendant ce temps-là, toutes les bactéries rectales et les hémorroïdes du monde continueront de racler leurs fibres humaines ou de démanger leurs trouffions, incapables de savoir (bah oui, allez trouver une hémorroïde qui pense !) que lorsque l'on est réincarné sous une si piètre forme, c'est qu'on n'aura jamais aucune chance d'atteindre le Nirvana. Certains actes ne sont ni effaçables ni exonérables, même des milliers de vies réincarnées durant.
Bouddha avait décidément pensé à tout !



samedi 25 octobre 2008

* { THE ONE WITH THE SATURDAY PHILOSOPHY }

On en a soupé de la franchise.
C'est vrai, il faut tenter l'expérience : demandez à quiconque qu'il vous cite ses qualités. Vous pouvez être sûrs que la franchise fera partie des heureuses élues. Aujourd'hui, c'est la mode ! Dire que l'on est franc, c'est la coquetterie du dernier chic. Grand Dieu, chez la plupart des sondés, il faut croire qu'aucun mot ne sort de la bouche biaisé ou travesti. Non non, ce ne sont que des diamants bruts !
Il faut bien se donner le sentiment d'être le plus irréprochable possible...

On oublie que précisément le challenge serait de ne pas être franc ! Ou du moins d'admettre qu'on l'est rarement. Il y a ce que l'on pense, et ce que l'on dit. Ce que l'on ressent et ce qu'on offre. Ce que l'on tait et ce que l'on avoue. Ce que l'on vit enfin et ce que l'on s'interdit.
Ainsi, l'absence de franchise serait une forme de pudeur. Alibi très élégant !


Au même titre, comment parler des choses que l'on aime sans verser dans la mièvrerie la plus guimauve alors qu'il est si facile d'ironiser quand on évoque ce que l'on n'aime pas... Comme si exprimer son amour était un exercice plus difficile qu'exprimer sa haine.
La haine, remarquez comme il n'existe pas de mot transitoire... Pour dire que l'on déteste, il n'existe pas de nom. Si l'on n'aime pas, alors ce sera de la haine. Aucune concession sémantique, pour la langue française, quand on n'aime pas, c'est que l'on hait. Impitoyable donc, facile alors de s'épancher sur les choses que l'on n'aime pas.
Mais pour l'amour ?... Rien de plus difficile, aimer bien ou aimer tout court, c'est aimer, c'est de l'amour. Alors il faut sortir les rames pour pouvoir l'exprimer le plus justement possible, le plus près de son coeur possible, à l'unisson de ses tripes.


Qu'est-ce que j'aime moi ? Qu'est-ce qui me fait chavirer hormis évoquer ici de façon toujours insidieuse de petites expériences de vie que d'aucuns qualifieraient d'anodines. Comment dire mes goûts sans verser dans la mièvrerie ? Ne suis-je déjà pas dans l'exposition guimauve alors que je n'ai même pas encore commencé ?...
Je n'ai pas envie d'en parler finalement mais la bonne nouvelle c'est que le samedi soir est chez moi le moment idéal pour philosopher, il faut croire.


mercredi 22 octobre 2008

* { THE ONE ON THE FIRST DAY }


vendredi 17 octobre 2008

* { THE ONE WITH ALL THE WISDOM }

Le moment est finalement arrivé. Il n'est pas arrivé par surprise heureusement et nous y étions tous préparé mais il nous a quand même asséné une bonne patate sur le nez en débarquant. Tous, nous avions prévu du ravitaillement en cas de crise, des Kleenex pour essuyer nos dégoûlinures. J'avais bien regroupé autour de moi mes plus chers et tendres amis, j'avais réquisitionné la famille. Nous savions que l'horreur de l'événement allait sans doute avoir raison de nous. Et puis le moment est arrivé, traître, et gonflé de prétention.

J'ai eu 30 ans.

Dire que je me suis lamenté tiendrait de l'euphémisme.
J'ai subi. J'ai vu ces 30 ans s'approcher de moi, me taper dans le dos et me chuchoter à l'oreille, "dis-donc, c'est pas tout ça, mais faudrait peut-être penser à devenir adulte !".
30 ans révolus. 3 décennies. Quel bilan en faire ?


D'abord physiquement, ce sera le bilan le plus rapide à dresser.

Dieu merci, 30 ans ne signifie pas commencer à se tasser donc on peut dire que de ce côté-là, je n'ai pas eu trop à souffrir. En même temps, pensée pour plus tard, vu que je mesure 1,70m, l'âge avançant, je vais me rapprocher de plus en plus d'un simili-Giant Coocoo (à la peau blanche cela s'entend) si je me tasse.
Quelques petits cheveux blancs sur les tempes, autant de larmes de crocodile dans mes petits yeux... Pour le reste, pas de changement notoire, je suis resté la sylphide que j'ai toujours été.


Attaquons maintenant le gros morceau : les conséquences psychologiques de la trentaine sur un petit être fragile comme moi.

Tout ne s'explique plus que par nombres, avant c'était par chiffres ! Quand je disais "Bientôt, je ne serai plus un A car ça va faire 2 ans que j'ai mon permis !" avec les cils qui frisaient, aujourd'hui je dis "Putain pétasse, t'as pas l'impression de me faire une queue de poisson avec ton Range pourri ? J'ai 12 ans de permis derrière moi, fieffée conne ! Tu vas pas me la faire !".

Avec l'âge aussi, vient le respect que l'on inspire aux autres.
Avant quand j'allais acheter ma baguette de pain, on me disait "Jeune homme ?", aujourd'hui on m'appelle Monsieur.
Mais c'est qui ce monsieur ? Je ne suis pas un monsieur moi !
M'en fous de votre respect, je veux rester un "jeune homme" pour toujours. Vous me remballez vos formules de politesse.


"Oh mais en vieillissant, on devient plus sage !" Alors ça, c'est la phrase bateau pour rassurer le péquenaud comme moi qui vit plutôt pas très bien le fait d'avancer dans la vie... Bon le fait est que cette phrase consacrée n'est pas qu'une connerie.

A mesure que je vieillis, je supporte de moins en moins les ados d'aujourd'hui. Peut-être que je deviens un vieux con, c'est possible...
Mais alors les troupeaux de dindonneaux en ville avec slims, portables collés à l'oreille, grandes gueules qui piaillent pour se faire remarquer, je ne peux plus.
De même pour ces messieurs, les troupeaux de boutons blancs avec la voix qui part en vrille, les looks improbables du petit bourgeois de centre-ville slimé avec petit pull col V gris, converse aux pieds à la tenue trop hip-hop sa mère je suis trop fan de Kenza Farah et Booba yo yo mets-moi ta bouteille de whisky dans la gueule on va se rebeller yo yo yo K-Maro en force !

Bon eh bien quand j'avais ce genre de spécimen devant moi en classe, je tentais le contrôle zen. Respiration de l'anus, expiration ventilatoire, et tout se passait bien.
Aujourd'hui je crois que je ne pourrais plus... Enfin si, je le pourrais par conscience professionnelle sans doute mais je crois que l'envie de leur enfoncer leur carte SIM dans le gosier serait vraiment difficile à réprimer.


C'est pas les mots d'un vieux con, ça ce que je viens d'écrire hein ? Ah si ça c'est pas un bon vieux connard misanthtrope qui a écrit ça, je veux bien m'appeler Marcel !
Quel constat démoralisant. Avec ma vingtaine, ma patience est partie.
Tant pis, je dois dire que j'en prends un malin plaisir.


Alors bilan : je suis resté tel que j'ai toujours été physiquement, quelques petits changements mis à part. Je suis psychologiquement ébaubi du travail que la trentaine a fait sur moi, mais je suis devenu maître ès sagesse, ça compense !
A 30 ans, on a enfin de l'expérience dans la vie, on s'est déjà pris des baffes dans sa vie sentimentale (dans mon cas, une seule fois, mais c'était pas une baffe, c'était un uppercut), on se pose petit à petit, on fait des projets immobiliers et commence à prendre des notes quand D&CO passe à la télé tout en rêvant de devenir le meilleur ami de Valérie Damidot.


Allez, ça n'a pas été si méchant finalement.
Une fois avalé le fait d'avoir 30 ans, la jeunesse reprend ses droits. Finalement, tout va bien. La force de l'âge, non ?
Et puis surtout faut bien relativiser car dans 9 ans, c'est la quarantaine et là ça sera une autre paire de manches.


Qu'est-ce que ça fait drôle de devenir un grand !

* { THE ONE WHERE IT BEGINS ALL OVER AGAIN }

Le retour.
Absolu, attendu. Plus de deux années après.

Soyons très clairs, créer un blog pour y déposer des écrits équivaut à s'exhiber totalement à l'appréciation des autres pour espérer provoquer chez eux quelque chose. La publication n'est pas un accident.
Alors au début, on écrit, on remplit le blog à fond parce qu'on a son petit public et puis qu'après tout ça fait bien d'avoir un blog. Petit à petit, on s'enlise, ça sert à quoi au fond que j'écrive ça puisque ce ne sera lu que par 3 pelés et 1 tondu ?
Et finalement, arrive le moment de l'abandon et du rejet.

De ces 3 phases, on en garde malgré tout l'arrière-goût plus tard. Les doigts vous titillent quand même toujours, vous avez toujours quelque chose à dire.
Vient le choix du moyen alors... Puisque j'ai envie de m'exprimer, et qu'écrire ne me convient plus, que vais-je choisir ?

J'ai choisi la solution la plus éclatante et excitante : le rien.
Caprice : puisque je n'ai plus envie d'écrire, alors je n'ai plus envie de rien. Je ne communiquerai plus, na !


Pourquoi alors un retour à ce blog ? Pourquoi même l'avoir remanié, changé son nom (Amélie, si tu me lis, il y a de la banane pourrie dans le frigo !) et ses atours ?
En fait, je ne sais pas. L'envie revient. Je sais qu'elle ne sera sans doute que temporaire mais cette fois-ci je ne peux plus l'ignorer.

Alors vous permettez que je satisfasse bien égoïstement ce regain d'envie...

vendredi 25 août 2006

* { THE ONE WITH THE OTHERS }

Aujourd’hui, au centre commercial, sur un sol bien brillant et glissant, j’ai vu une femme tomber sur le cul. Au sens propre. Elle est tombée, et c’est le coccyx qui a tout pris. Je continue de penser à elle 2 heures plus tard, et je me l’imagine, en ce moment même, avoir les larmes qui lui montent aux yeux au moment de s’asseoir face à son bureau.

La réaction habituelle quand on voit quelqu’un tomber : on se marre. Pour une seconde ou deux, on oublie qu’éventuellement la personne se soit fait mal et on se gausse d’avoir vu cette personne lamentablement écrasée sur le sol qui tente désespérément de sauver les apparences et de nous crier avec son regard « vous voyez, ce rictus au bout de mes lèvres, c’est parce que je m’amuse aussi pas parce que j’ai horriblement mal au cul et que je vous maudis tous de vous foutre de ma gueule ! »

Revenons donc sur ma bonne femme de ce midi. Brune, galbée, la cinquantaine fringante, un brin vieille jeune quand même qui aime bien se faire mater le cul par les petits jeunes… Madame toisait, Madame avançait, Madame était là, quoi bien présente… Et soudain, ses hauts talons ont cédé, et inexorablement elle a atterri par terre. Petit sourire qui trahit une douleur, et hop en deux temps trois mouvements, Madame était debout et continuait d’avancer. Le rythme devint moins rapide, un peu boiteux… En une chute, Madame est redevenu comme nous tous, elle n’a plus toisé personne. La chute a l’étrange pouvoir de nous rendre à notre piètre condition humaine.

On a tous ces réflexes un peu idiots quand certaines situations nous font passer pour des branques. Un réflexe commun à tous : même dans la douleur ou la plus pitoyable des situations, on veut garder la tête haute et surtout, grand Dieu, éviter d’avoir la méchante impression que quelqu’un puisse se moquer de nous. Je recense 3 situations-type pour ma part :

1. La chute : comme l’exemple du coccyx de la femme du centre commercial, quand on tombe, on a souvent la coquetterie de feindre la joie. On serait presque tenté de faire croire que la chute était voulue et que bon nous aussi ça nous fait bien marrer de tomber… Alors que dans notre for intérieur, on aimerait être seul pour laisser couler la petite larme qui a pointé le bout de son nez quand on s’est mangé un méchant coup sur le tibia. On veut garder de l’élégance dans la chute.

2. Le pied qui se tord ou qui trébuche : qui ne s’est jamais, au cours d’une balade bucolique dans une ruelle typique ou dans un parc fleuri, pris le pied dans un trou ou heurté contre un caillou et s’est élégamment tordu le pied, ou carrément plié la cheville ou mieux encore trébuché (oui, c’est mieux de trébucher, c’est plus aérien non ?) ? Là encore, point de manifestation de honte ! Non bien sûr que non, esquissons un sourire, affectons de n’avoir rien senti et continuer (si possible !) de marcher, même si on ressemble un peu à un âne boiteux.

3. Les gestes pour les mauvais destinataires : plus rare celui-ci mais alors il a la palme ! La réponse à un geste que l’on nous croie destiné et qui en fait ne l’était pas du tout. Exemple : au loin, quelqu’un avance et fait un signe. Evidemment, vous n’allez pas penser une seule seconde que ce peut être destiné à quelqu’un d’autre. Réflexe automatique : on vous fait signe, qu’est-ce que vous faites ? Vous répondez, tiens ! Et là, la personne s’approche, et vous sort « non, c’était pas pour vous »… Vous : « Ah oui, non mais moi non plus c’était pas pour vous mon signe de main »… Et là, votre main en l’air, elle se sent subitement très seule. Tout rouge, vous essayez de la faire redescendre discrètement, et évidemment vous regardez en vitesse autour de vous si personne d’autre n’a assisté à la honte.

Le vecteur commun à tout cela : le regard des autres.
Ne pas imaginer une seule seconde qu’on puisse être le centre des moqueries de plein de gens à la fois. Quelle sensation désagréable !

Pourquoi lorsque l’on tombe en public, hésite-t-on à manifester sa douleur si elle existe ? Pour sauver les meubles, c'est certain, car l’Homme n’est à l’aise avec lui-même que lorsqu’il se présente en maître de ses attitudes, actions et réactions. La chute prend deux secondes à venir et est la preuve la plus éclatante de la vulnérabilité des êtres : une preuve aussi rapide pour souligner une telle chose ; quelle déculottée !

La chute, mais aussi les petites situations qui écrasent instantanément notre orgueil. Et nous, de nous défaire dans n’importe quelle astuce pour montrer que tout va bien, qu’il n’y a pas péril en la demeure.
Il faut bien admettre que quoi qu’on en dise, on vit en grande partie au travers du regard des autres, sinon rien de tout ça ne poserait problème. A chacun d’en tirer ses propres leçons. D'accepter que personne n'est aussi indépendant qu'il le dit; et que personne ne peut réellement s'affranchir de ce que les autres pensent ou peuvent penser de lui.
Comme si ce n'était pas assez difficile déjà de s'imposer son propre regard à soi !

dimanche 20 août 2006

* { THE ONE WITH ALL THE DILEMMAS }

Ou de l’art de pouvoir décider sans se prendre le chou avec des considérations parasites !
« Si j’avais un choix à faire… » La question à 100 points. On aime, en général, s’installer symboliquement dans des situations de ce genre et voir si on ferait alors tel ou tel choix, c’est le masochisme humain, la claque dans la gueule métaphorique… Non ? Ca ne vous est jamais arrivé ?

Pour 100.000 euros, tu boirais un verre de glaires ? Ouais, c’est con comme question, mais justement en voilà un de dilemme… Un verre de glaires, c’est dégueulasse, ça dégouline, c’est vert, c’est gluant et ça doit avoir le goût de pieds sales. Oui, mais voilà pour 100.000 euros, qu’est-ce que c’est qu’un verre de glaires ?

On appelle ça la théorie de la relativité : mes glaires, c’est du pipi de chat pour 100.000 euros. Oui mais alors est-ce que ça vaut le coup, pour 100.000 euros, d’ingérer ce truc flasque, de vomir, d’être malade une nuit entière et d’avoir honte d’avoir vendu son âme pour un tas de fric ? C’est tout le problème du dilemme, et un exemple par l’absurde montre au mieux son insidieuse façon de mettre le cerveau en mode choucroute.

Bon, évidemment mon dilemme actuel à moi, c’est de savoir si ça fait pas trop con de porter des tongs avec un jean ou si ce serait pas mieux de privilégier les Converse même s’il fait chaud… J’admets qu’il y a plus ultime comme dilemme mais vous m’excuserez, mes dilemmes à moi s’adaptent au taux d’excitation de ma vie au moment M et aujourd’hui comme ma journée fut chiante au possible, le dilemme est un peu pâlot.

Découverte du jour > il existe deux mots différents : le choix et le dilemme. Pourquoi ? Peut-être parce que l’un est neutre, l’autre comporte en lui le tiraillement qui dit que quel que soit le choix, il laissera un goût amer. Oui mais l’un et l’autre implique un même cas de figure. Et quel que soit le dilemme, il fait mal à celui qui choisir.

Oublions mes glaires et mes tongs. Oui, je sais, difficile d’oublier des sujets si excitants mais faisons un effort tout de même. Parlons plutôt d’eux qui dans leur montagne ont doucement couvé une étincelle d’amour pour la laisser toujours à demi-éteinte, qui ont pris en pleine gueule que s’aimer c’est aussi parfois souffrir… Parlons de cette mère qui tue la vraie mère de son enfant en lui plantant un couteau dans le ventre car cette dernière voulait le récupérer. Parlons enfin de celle qui décide de devenir un fantôme pour ne plus avoir à affronter sa fille, malheureuse victime incestueuse, et qui souffre de ne voir sa chair grandir dans le tourment de flammes dans lequel elle a inventé sa propre mort.
En voilà des choix absolus, des dilemmes cruels. Des instantanés, des lents, des qui s'installent cruellement et qui durent des années, des vies entières. Et eux dans leur montagne, qu'est-devenu leur choix ? Et elle et son bébé ? Et ce fantôme ? Tout ne se finit pas toujours bien lorsque l'on choisit, non, et surtout pas pour eux tous... Mais le choix, l'incroyable beauté du dilemme, c'est lorsqu'on a tranché. Alors tout redevient possible.
Nous avons tous des choix à faire dans nos vies. A grande, moyenne ou petite échelle. Absurdes, relatifs, ils nous appartiennent. C’est le challenge principal de la vie : choisir, non ? Sans choix à faire, sans dilemme à affronter, quelle vie s’offre à nous ?

Le meilleur reste à venir… Toujours s’en convaincre.


Bon et finalement, vous en pensez quoi ? Les tongs, ça craint pas trop avec le jean ?

samedi 5 août 2006

* { THE ONE WHEN EVERYBODY GOES CAMPING }

Parmi les expériences de la vie, il y a les coups durs, les joies, les leçons et il y a le camping.

Qui n'a jamais vécu en camping pendant au moins quelques jours ne peut en parler en des termes exacts. J'ai vécu, j'ai vu : je parle.

On se dit que le seul mot "camping" enferme tellement de clichés que ce ne peut être qu'exagéré... Est-ce que c'est vrai que le camping est le royaume de la beaufitude, des gens qui se baladent en slip dans les allées, qui se promènenent jusqu'aux chiottes avec leur rouleau de PQ de sorte que tout le monde sait exactement quand Paulette va démouler sa crotte, qui boivent le pastis après la partie de pétanque, qui vannent bien sur le cul avec une élégance certaine entre deux rots de Kronenbourg ?

A vrai dire, j'ai du mal avec les clichés, j'aime mieux juger par moi-même puis ensuite me faire ma propre idée. Dire que je ne suis pas entré dans ce camping avec 15.000 idées préconçues serait un mensonge, mais disons que je me sentais bien et que j'allais donner une chance à ce camping de m'épater et de détruire tous mes petits préjugés. La conciliation fut faite en mai : "oui Maman, je vous rejoins au camping fin juillet pour quelques jours !"... Maman est heureuse, tout va bien. Le camping, c'est pas leur truc non plus mais "cette année, on avait envie d'essayer les bungalows"...

"Dans les bungalows, on a nos propres chiottes et douche, hein ?"
"Oui !"
"Bon alors je viens".

L'expérience a été ultime. Le bungalow, rien à dire : un peu maison de Lego, on se marche un peu dessus, mais c'est les vacances, pas grave on restera dehors au soleil à lire et cramer. Problème n°1 : il a fait moche et plu toute la semaine.
"C'est bien le camping pour les enfants, comme ça ta soeur elle met les enfants aux activités car tu sais bien qu'ils ne tiennent pas en place sinon !"

Premier jour, première activité : 14h00 - 18h00 tournoi de foot pour petits et grands ! Chouette ! Moults cadeaux à gagner : tee-shirts du camping et stylo Bic avec le nom du camping écrit dessus. Merveilleux enjeux ! Bon le neveu est heureux, il joue au ballon, son équipe gagne, je sourierais donc...

Dieu merci, les excursions en bord de mer me font oublier l'après-midi de folie avec les pompom-girls made in camping entre la jeune ado cliché qui court après la bite et qui fait trop sa star han parce que bon han tu vois elle a 15 ans han et que bon y a peut-être une ouverture avec Kevin han han han, la vieille jeune tannée aux UV avec ses cheveux filasses blonds, son caraco en jean et ses jambes de coq. La mer est belle, l'océan est violent, les vagues sont immenses.

Pour la suite, validation des clichés 1 à 1 : oui, au camping il y a des karaokés avec des bonnes femmes rondes comme des queues de pelle qui chantent "Le paradis blanc" avec leur voix de pochardes... Un secret de vous à moi : j'ai entendu Michel Berger se retourner 12 fois dans sa tombe ; oui au camping, il y a des soirées loto et jeux style Intervilles ; oui il y aussi des tournois de pétanque.

Et surtout il y a les gens qui se baladent quasi-nus pour aller à la douche en tongs, les rouleaux de PQ, les intrusions les uns chez les autres quand les gens mangent, les klaxons, les 2 beaufs qui entrent dans le camping avec "L'envie" de Johnny Hallyday à tue-tête.

Le camping, c'est une communauté. Une communauté avec laquelle je n'ai aucune affinité.
Suis-je asocial ? Sauvage ? Peut-être un peu oui... Le partage à ce point me stupéfait : comment des gens peuvent-ils aimer vivre ensemble au point de ne quasiment pas sortir du camping et de ne jamais aller voir la mer qui s'offre à eux 100m plus loin ?...

Je suis parti du camping mercredi sous la pluie, mes préjugés sous le bras, décidé à éviter au maximum ce genre d'endroits à l'avenir mais ébahi par la convivialité qui se dégage de tous ses élans de beaufitude que j'imaginais.
Ah ! Les joies du camping !

vendredi 4 août 2006

* { THE ONE AFTER "HAPPY BIRTHDAY !" }

29.

Un 2 et un 9 qui assemblés me rapprochent du 3 et du 0.

Ce qui est bien avec les anniversaires, c'est que jusqu'à environ 25 ans on envisage ça comme une promotion : chaque année qu'on ajoute nous conforte dans nos expériences, nous fortifie, nous apprend.

Et puis soudain, on aperçoit au loin la pente savonneuse, le gouffre. On se penche timidement, on admire le fond, et là on serre les fesses parce que bordel, on va dégringoler plus vite qu'on va vouloir...
26, on garde la tête froide... 27, "tiens, tu te rapproches de la trentaine, ça va tu gères ?" (ta gueule Ducon !)... 28, "tu verras la trentaine pour un mec, c'est la meilleure période de la vie !" (oui, mais tu es gentille, j'ai QUE 28 pour le moment !)... 29 : j'apprends à gérer depuis une semaine.

Ce n'est pas tant l'âge qui me dérange, 29 ans après tout ce n'est pas vieux, je n'en suis pas encore à me promener avec des Vania spécial incontinence, mais 29 ans c'est la conscience qu'un bout de chemin a été fait. La conscience aussi que la suite est encore longue, et qu'un chemin différent s'offre à nous...

"Putain, y a tellement de bougies sur ton gâteau, à force tu vas faire des économies d'électricité" => regard en biais, j'hésite (tarte dans la gueule, ou vanne salope ?) J'opte pour la vanne... "Tu me rappelles combien il te reste de VRAIES dents, pépé ?" Il s'en fout, ça le fait rire. L'âge affecte mes pouvoirs, j'hallucine.
Mon anniversaire est finalement passé, le suivant sera décisif puisque je changerai de dizaine et j'entamerai ainsi ma troisième décennie... Sur le papier... Parce qu'en réalité, j'ai décidé aujourd'hui que le temps s'arrêterait maintenant et que j'aurais 29 ans chaque année. Une petite fantaisie... Quoi ? C'est bon ! Soyez un peu indulgents avec les vieux !

mardi 17 janvier 2006

* { THE ONE WITH THE FIGHTING SPIRIT }

J'admire les gens forts et le combat. Bien évidemment pas le combat du sang, ni le combat de la chair et du canon. J'admire le combat de l'idée, de l'instinct et de l'élan.

J'admire qu'on s'offre en pâture, qu'on donne tout de soi pour diffuser l'idée qu'on a de la vie. J'admire qu'on se batte pour devenir ce que l'on rêve d'être. Le combat, au sens large du terme...
Quelques satellites gravitent autour de ma planète : des hommes et des femmes à l'opposé les uns des autres, mais au vecteur commun : avoir combattu. L'un aura grandi spirituellement dans une guerilla en Amérique du Sud et diffusé la promesse d'une liberté sans barrières à des populations qui espéraient, l'autre aura révolutionné la musique en débarquant un jour à New-York avec quelques dollars en poche, une autre encore aura utilisé son pinceau pour mener son incroyable combat contre son propre corps. L'un menait le combat austère de la politique, l'autre celui du rêve absolu qu'on se doit de vivre parce que sans ça on en crèvera, et enfin la dernière le combat artistique contre ses démons.

Ernesto. Le Che. Derrière la légende, un homme.
Je suis parfois assez ennuyé de voir à quel point la figure de cet homme peut servir aujourd'hui un nombre incalculable de causes. Son visage est partout. La photo de Korda aura installé Ernesto Guevara dans son statut d'icône libertaire. Et puis, finalement si on réfléchit bien, lui-même aurait adoré être l'élan de tant de causes... Moins sûr qu'il aurait aimé que le fameux cliché devienne à ce point un outil marketing.
Un simple étudiant en médecine qui après avoir parcouru une grande partie de l'Amérique Latine en moto avec son ami Alberto Granado découvre un continent opprimé, soumis à l'implacabilité des juntes militaires. Puis une idée qui germe, un foetus de combat qui grandit dans ses tripes... Bientôt, il n'y aura plus que ça qui comptera : il aura plusieurs femmes, plusieurs enfants, mais rien n'amoindrira son combat. Il mourra criblé de balles dans la jungle bolivienne, sur les terres mêmes où il aura combattu.
Son combat politique est sans doute le plus jusqu'au-boutiste que le 20ème siècle ait connu. Son oxygène, c'était la lutte, son idéal l'égalité.
J'aurais aimé plongé mes mains dans son sang, et me les lécher. Il avait le sang d'un combattant, celui que je rêverais de sentir couler dans mes veines. La force.

Madonna.
Comment envisager de parler de moi sans parler d'elle ? Madonna est mon oxygène musical, il y a elle puis il y a les autres. Comment définir ce que je ressens pour cette artiste ? Difficile à exprimer clairement, la relation est devenue cosmique et charnelle. Elle est entrée dans ma vie il y a 20 ans et n'en est jamais sorti depuis. Madonna, c'est le combat du rêve forcené qu'on veut mener au bout, c'est la musique et la danse dans les tripes, c'est ne pas pouvoir imaginer vivre sans. Puis c'est le combat, la réussite, l'énorme réussite, le succès et la gloire. Derrière l'artiste, il y a cette femme, blessée par la mort de sa mère alors qu'elle est petite fille, qui a besoin qu'on l'admire.
Chacun est libre ensuite d'aimer sa musique ou pas. Il se trouve qu'elle m'a séduite très tôt. Néanmoins, j'admire l'abnégation et la volonté féroce de réussir. Sur scène, elle vous accable du poids de son charisme.
Construire une légende musicale, ça n'arrivera sans doute plus... L'époque ne veut plus ça.
Madonna, elle, reste installée tout en haut avec les plus grands. Le combat d'un rêve qu'on refuse de laisser pourrir dans un coin sombre de son esprit. La volonté.

Frida. Un pinceau, un corps meurtri, un cri.
Du sang, des cicatrices, des blessures. Son seul pinceau pour unique maître.
Même clouée dans son lit sous le poids des corsets, elle demandera à Diego Rivera, son mari, de lui installer une toile suspendue au plafond et descendant jusqu'à son lit pour pouvoir peindre malgré tout.
Frida Kahlo est un concentré de paradoxes, un trouble mélange de masculinité et de féminité. Une femme trompée, une femme qui trompe. Une femme blessée, une femme qui fait mal.
Son combat : résister à ce corps déchiré par de multiples accidents en se le peignant en pleine gueule sur une toile. Affronter un reflet qu'on exècre, pour enfin retrouver la paix ? Le courage.


Le combat n'a d'utilité que s'il sert aux autres : d'exemple ou de motif, peu importe. S'il n'est pas compris, le combat ne sert à rien. Mes satellites sont des combattants, chacun à leur niveau, chacun avec leur but. Malgré tout, un vecteur commun : l'idée qu'on a de soi, et l'envie qu'on a de se projeter dans une vie qu'on voudrait différente.
Je crois que nous devenons tous des combattants, sitôt qu'on a bien compris qui l'on est.

dimanche 15 janvier 2006

* { THE ONE WITH GOD IN MY FOOD }

Gandhi disait : "Si Dieu devait apparaître aux affamés, il n'oserait leur apparaître que sous forme de nourriture"... Je ne suis pas un affamé, mais aujourd'hui Dieu m'est donc apparu. Du moins si j'en crois Gandhi. Il m'est même apparu un peu doré, recouvert de chantilly et sentant le sucre.
Je suis sans doute l'élu qui a vu Dieu de la façon la plus originale, il faut le voir porter la Chantilly...

Retour à l'écrit aujourd'hui après deux semaines d'absence. Si je voulais me la raconter un peu, je dirais que j'ai pris ce temps pour m'abreuver des autres afin de déposer ici des écrits de qualité. Si maintenant je décidais de jouer franc-jeu, je dirais que j'ai eu la flemme de le faire.

Mais donc, aujourd'hui j'ai vu Dieu, et ça méritait bien un effort.
Oui, mes gaufres, c'est Dieu. Je vous l'ai prouvé tout à l'heure, citation à l'appui.
La nourriture est l'un de mes nouveaux cauchemars dans cette vie aseptisée.

Il y a deux ans j'ai quitté la nicotine. Nous avons rompu assez difficilement, elle l'a mal pris, ses tétons noirs étaient tout durs de tristesse... Elle m'a supplié de rester, de continuer à lui téter l'embout... Elle me disait qu'elle ne pouvait pas envisager de ne plus me pénétrer. "Non", lui ai-je répondu, "je serai plus fort que ça !"... Depuis le temps que je culpabilisais de me détruire l'intérieur, et par extension de détruire l'intérieur des autres, j'ai finalement cédé à l'appel de l'air pur. Depuis quand je croise la nicotine, elle me lance des regards en biais, elle me déteste je le sais. Moi je l'aime toujours, je crois mais j'ai décidé de choisir que ce n'est pas elle qui me consumerait.

C'est toute la société actuelle, ça ! Sous prétexte de santé publique, il faut surveiller tout ce qui rentre, sort, détourne, pénètre, coule, grimpe du corps. C'est bien, oui... mais c'est terriblement ennuyeux. Et pourtant, on se plie à cette règle, pourquoi ai-je arrêté la cigarette ? Pour ma belette, sans aucun doute oui... Disons qu'elle a renforcé la décision puisque j'avais déjà arrêté avant de la rencontrer, mais elle m'a donné la force de ne pas retomber.

Voilà donc qu'aujourd'hui, je décide d'imposer à mon corps une nouvelle privation et non des moindres : le Coca. Je consomme le coca comme d'autres consomment l'eau, c'est mon hydratant principal, et quasi-unique... Mais voilà, je culpabilise : et le diabète ? Bah oui, faut y penser au diabète ! A 28 ans, je ne suis pas un vieillard, mais je ne suis plus de première fraîcheur non plus... Résultat : je flippe. Conséquence : je me dis qu'il faut se calmer sur la caféine. Conclusion : j'arrive pas à arrêter !

JE NE PEUX PAS ! Le coca, c'est mon sang, c'est mon eau, mon sperme, c'est tous mes liquides mélangés ! Comment puis-je tourner le dos à mon essence ? Bah, en bouffant des gaufres !
Voilà donc pourquoi aujourd'hui j'ai rencontré Dieu... Il est dans mes chips, dans mes gaufres, dans mon fromage. Et il me libère du sucre en me pénétrant avec du sel. Quel drôle de coït gustatif !

mercredi 28 décembre 2005

* { THE ONE WHEN CHRISTMAS IS OVER }

Récalcitrantes les fêtes de fin d'année ? Pensez-donc !

De toutes les fêtes, il y en a une qui m'ennuie copieusement : celle que nous venons de passer.

Ce n'est pas tant l'esprit qui me dérange, ni les cadeaux à ouvrir, ce sont principalement les rites sociaux spécifiques à cette fête. Je me sens souvent l'esprit grégaire à ce moment de l'année, diffus dans un groupe, participant à une agape bavarde, mais toujours en dehors, comme spectateur.
Le mot "Noël" entraîne avec lui un lot de 3 mots : "embrassade", "réjouissance", "nausée".
Noël est une fête joyeuse mais nauséeuse, c'est une fête qui sent la bûche au beurre bien écoeurante, les tonnes de sauce sur du gibier plein de gras. Noël, c'est l'excès de gras.

Embrassade : n.f. Action de s'embrasser par amitié ou par affection. Le Larousse oublie l'embrassade par obligation. A Noël, en général, c'est le grand retour de la grand-mère qu'on voie une fois tous les 36 du mois, des cousins dont on se tape comme de notre première chaussette et des oncles et tantes dont on ne sait plus de qui ils sont le frère ou la soeur.
Comme j'ai toujours eu beaucoup de chance, je suis tombé sur une grand-mère radine. Enfin, je parle de ma grand-mère maternelle... Ma grand-mère paternelle est adorable. Bref, revenons à celle que nous appellerons P. en hommage à la première lettre de son prénom. Quand j'étais enfant, P. me faisait des cadeaux désuets mais toujours utiles : des petites voitures, des Playmobil, des peluches. Puis au fur et à mesure que j'ai grandi, les cadeaux ont perdu en importance pour finir à 28 ans par un "Millionnaire" glissé dans une enveloppe. Ca va, Mémé, 2 euros, ça fait pas cher le cadeau...

Bon, allez, on va dire que c'est le geste qui compte, mais bon ça fait pas cher le geste... Enfin, là, toutes dents dehors elle vous tend l'enveloppe et vous dit la phrase commune dans ces cas-là "Tu sais, je peux pas faire plus..." Cette phrase vous tombe sur la gueule comme une paire de claques, surtout quand vous déglutissez en apercevant au loin un quelconque cousin déballant son cadeau provenant de la même grand-mère mais ayant coûté certainement davantage que 2 euros.

"Mais non, Mamie, ça me fait plaisir un Millionnaire, c'est pas comme si tu m'avais acheté une pochette entière à gratter, tu as fait dans le minimalisme, je comprends..." Anéanti, je sors mon doigt, je l'affûte, je fais un avé maria de circonstance pour me porter chance et je gratte fougueusement : évidemment, je perds. Réaction instantanée de la grand-mère "Ah non, vraiment je ne suis pas contente !!!"
Réflexion à moi-même : la radinerie est déplaisante, mais la radinerie camouflée est une plaie. Un jour, je gagnerai et j'exhiberai mes liasses de billets à ma grand-mère tout en lui offrant un porte-clés.

Réjouissance : n. f. Joie collective. Joie, oui bon admettons... Collective, encore faudrait-il sonder tout le monde autour de la table pour savoir ce qu'ils en pensent et ce qu'ils choisiraient entre continuer le repas de famille ou rentrer chez eux se mettre en pyjama et se mater un DVD tranquille.
Peut-on être réellement joyeux collectivement, quand la collectivité se compose de gens dont : 1. vous vous foutez copieusement, 2. vous n'aurez pas de nouvelles jusqu'au Noël suivant et dont 3. pour certains, vous avez honte de leur adresser la parole depuis qu'en début de soirée, vous avez confondu les prénoms et vous êtes tapé la honte.

J'ai souvent constaté que le réveillon de Noël, a contrario de la collectivité, était une somme d'individualités forcés à rester ensemble pendant un laps de temps donné. Bientôt, la table devient un champ de bataille intelligemment disposé : à gauche, tata S. et tata M. commencent à critiquer la cuisson de la viande, tonton R. et ma cousine K. parlent de pépé B. qui est mort y a 4 ans, moi je me cherche quelqu'un pour discuter, tuer le temps, et je me mets à penser à la délivrance : quand je rentrerai chez moi.

Nausée : n.f. Envie de vomir, mal au coeur. Noël est une fête grasse, un coup d'oeil à la table, et vous avez pris 5 kgs. Des choses écouerantes : le foie d'une oie, le corps visqueux d'un escargot, la coquille dégoûlinante d'une huître, l'impitoyable odeur du saumon, et sa couleur orange qui me ferait vomir rien qu'à regarder.
Réflexion de moi à moi : parfois quand tu as envie de vomir mais que ça ne sort pas, tu te souviens de ce que tu fais ? Rappelle-toi, tu imagines plonger une cuillère dans un pot de moutarde ou de mayonnaise et tu imagines avaler le produit, et là en général, ça t'écoeure et tu dégobilles... Tu n'as pas eu ce sentiment en voyant le saumon ?
Devant ce tableau désolant, le pire est encore de se dire qu'on va devoir participer au carnage et avaler certaines de ses choses. Un défilé de plats écoeurants, de crèmes, de sauces, de beurre, un défilé ininterrompu de graisses avec en point d'orgue l'horrible bûche de Noël au beurre de ma grand-mère. Ca ressemble au kloug, ça pue moins mais alors qu'est-ce que c'est mauvais. C'est comme si on mangeait du beurre à la petite cuillère, saupoudrée de cacao.


Qu'est-ce qui pousse finalement les gens à fêter Noël ensemble ? Puisqu'on ne communique vraiment plus, que les familles sont aujourd'hui diffuses, qu'on se sourit pour la circonstance, qu'on impose à son appareil digestif un travail de longue haleine parce que venir à bout de la bûche au beurre, va falloir y mettre du courage, les gars ! Mon cas n'est pas général, dieu merci j'en suis conscient... mais il est fréquent.
Noël, c'est joli comme mot... Ca fait rêver les enfants, même les grands parfois mais même eux savent très bien qu'il n'y a plus de magie et de féerie autour de ça. Il n'y a que les petits pour croire encore à toutes ces choses avec des étoiles plein les yeux.
Noël m'ennuie, mais ça reste Noël : le soir où les guerres s'arrêtent pour un instant, et où les conflits se mettent entre parenthèses pour une nuit. Pour que de telles catastrophes se suspendent pour un moment, c'est que Noël doit être un mot puissant, et ceux qui dorment sous les bombes assagies pour quelques minutes doivent sacrément se foutre de savoir si ma bûche au beurre m'écoeure ou si mes indispositions de jeune privilégié ne me contrarieront pas trop.

vendredi 23 décembre 2005

* { THE ONE WITH THE OLD LADY }

Je n'ai rien contre la vieillesse, je dirais même que je respecte les gens âgés qui portent en eux toute l'expérience et le vécu qui nous manquent à nous les jeunes... Voilà pour ma bonne conscience. Maintenant la réalité : souvent les vieux sont un peu broute-minous.

Exemple frappant : sur la route. Un secret pour personne : ils roulent avec leur frein à main, leurs voitures sont rôdées à maximum 50 km/h, et ils adorent rouler en seconde pour bien faire ronfler la voiture. Bien évidemment, quasi-collés au volant, ils pensent sans doute adopter la meilleure des conduites... Or à rouler doucement, ils en oublient le code de la route ! Du coup, quand tu te retrouves derrière eux, tu pleures un peu ta mère quand même.

Le deuxième exemple est mon actualité : faire les courses. Pas n'importe où, à Auchan : là où il y a bien du monde, surtout en ce moment avec les fêtes. Toi, tranquille après avoir passé ta journée à t'occuper, tu te dis "Ce soir, je vais à Auchan pépère, comme ça y aura pas trop de monde aux caisses..." Et là, malheur ! Parce qu'en plus d'y avoir plein de monde, il y a la mamie qui ce soir va t'ennuyer ! La vraie mamie, avec son bonnet blanc en laine, son blouson violet et son Kleenex dans la manche. Une mamie somme toute mignonne avec ses grosses lunettes, son grand sourire et son duvet qui a colonisé une grande partie du bas de son visage.

Première embûche : le paquet de chips. Le rayon n'est pas blindé, ça va on peut circuler... Moi et mon panier arrivons calmement, le visage concentré, sans doute avec un air moyennement aimable. Mamie est là qui discute avec Papy en regardant le rayon. Le caddie en plein milieu du rayon qui bloque tout le monde. Exercice de respiration, contrôle du zen, détente des neurones, j'essaye tout ! "Pardon !"... Pas de réponse... "Pardon !!"... Toujours rien... "PARDON !"

"Oh, je ne vous avais pas vu Monsieur... Excusez-moi monsieur"... Mais oui, je t'excuse Mamie parce que dans le fond je t'aime bien, et puis aussi parce que j'ai tellement fait d'exercices de relaxation mentale avant de te demander de te déranger, que je n'ai même plus la force de rien et que mes neurones sont du chewing-gum à cette heure-ci... Et puis, moi je fonds au sourire d'une grand-mère, je lui pardonne déjà d'être lente et pénible. Après tout, elle n'est pas responsable. Par contre j'aimerais savoir qui l'est, parce que c'est pas moi non plus.

Alors apaisé, mes courses finies, je vais à la caisse : pressé. Les caisses sont blindées, j'en choisis une au hasard, et qui vois-je devant moi ? Mon bonnet blanc et mon blouson violet ! Elle pose son caddie sur le tapis roulant... Enfin, pas le caddie, le contenu du caddie. Et là, poisse ou pas poisse, je la vois remplir ses sacs au bout de la caisse avec le lest et la vivacité d'un poulpe sous anesthésie. Là, je bous, vraiment c'est insupportable, je me met sà souffler, à la regarder avec insistance d'un regard noir... Elle finit par s'en aller, et détruit toutes mes méchantes intentions par un sourire.

"Bonsoir monsieur" me dit-elle... Dans le ton, dans l'intention, nulle méchanceté. Et moi face à ma propre culpabilité de l'avoir maudite... On dit parfois qu'on ne voit pas assez les personnes âgées. Je crois que c'est la réalité. On les maudit quand on les voit devant nous sur la route, on les trouve mous, parfois même agressifs (je parlerai en temps voulu de mon horrible voisine du dessous qui trouvait que je fais du bruit avec mes chaussures quand je descends les escaliers...) mais ne sont-ils pas si maladroits pour qu'on les voie ?

Et s'ils conduisaient mal et lentement pour qu'on les remarque ? Et s'ils venaient faire leurs courses au même moment que les gens qui travaillent juste pour se sentir moins seuls ? Et si on les maudissait parfois parce qu'on se dit qu'un jour on sera pareils... C'est peut-être un peu tout ça.

J'ai peur de vieillir.

mardi 20 décembre 2005

* { THE ONE WITH THE HAIRCUT }

Quoi de plus érotique qu'un salon de coiffure ? Quel geste plus sexuellement excitant que de se faire doucement toucher le cuir chevelu dans une ambiance d'odeurs parfumées et de piaillements féminins ?

Ouverture de la porte : 4 femmes face à moi, 4 coiffeuses, ça commençait bien. L'une des 4 se fait shampooiner par une autre, pendant qu'une troisième discute avec celle qui se fait coiffer. La 4ème vient m'accueillir : "C'est pour une coupe ?" me lance-t-elle les canines blanches comme un bidet. Mes lèvres se réfrènent dans l'absolu envie de lui répondre : "Non, c'est pour vous prendre une tranche de jambon, et un petit salé !"

Et alors, après tant de maladroits préliminaires, commence l'extase mystique du cheveu mouillé. Mes cheveux un à un se parent de leur plus belle érection et sentent les ongles de la blonde les caresser de haut en bas dans un plaisir intense. Comme si la jouissance ne suffisait pas, il faut qu'elle mouille les cheveux, qu'elle les enduise de shampooing et qu'elle les masse... Je sens ses ongles frotter contre mes oreilles, son souffle au-dessus de ma tête et j'entends mes cheveux murmurer de plaisir. Le tableau est parfait, si ce ne sont les piaillements de mes deux voisines qui continuent de parler pour savoir si ce n'est pas plus intéressant de demander un échelonnement pour payer sa taxe d'habitation... Ces deux-là n'ont rien compris, elles interfèrent dans la relation sexuelle entre mes cheveux et les doigts de ma coiffeuse : note à moi-même, le salon de coiffure, c'est bien, mais sans les coiffeuses.

L'érotisme n'est pourtant pas terminé : après le shampooing, la coupe. La castration du cheveu.
Dans ce bain de torture capillaire, pourtant, la sensualité va continuer. La coiffeuse sort ses instruments de torture : ciseau et tondeuse en première ligne. Et là, avant le massacre, la question habituelle, froide et précise : "Bon alors, qu'est-ce qu'on leur fait ?"

C'est le genre de questions qui vous coupent l'envie de livrer vos cheveux, comme si pendant un rapport sexuel on vous demandait en plein milieu "Chéri, qu'est-ce que tu veux bouffer ce soir ?". Moi : "on les coupe court, mais pas trop sur le dessus, et par pitié on fait attention de pas trop dévoiler les entrées" Après des contingences de ce genre, il est difficile de se laisser aller à nouveau, et pourtant une fois encore la magie opère... Les ciseaux coupent, la douce voix de la coiffeuse vous gratifie des pires banalités sur le temps qu'il fait, la gastro-entérite du fils de la patronne, ou l'augmentation du coût de la vie mais rien ne vous empêche de sentir le marasme sexuel vous envahir, sentir la poitrine de la coiffeuse se frotter à votre nuque, son souffle passer derrière vos oreilles, ses mains vous tripoter le visage sans arrêt. Il faut alors faire un effort surhumain pour montrer un quelconque intérêt à ce qu'elle vous assène d'âneries.

Et puis soudain, la magie se brise en une phrase. "Dis-donc, vous avez le cheveu épais, ça doit pas être facile à coiffer tous les jours..." s'étonne-t-elle, le travail à moitié fait. Abasourdi devant tant d'honnêteté cinglante, je me dois d'acquiescer à son propos... Elle n'a pas tort, la gourgandine. Si effectivement je devais associer la qualité de mes cheveux à une texture, je dirais que ce serait une texture animale : mes cheveux, quand ils ont repoussé ont, à s'y méprendre, la qualité du crin de cheval : épais comme du buisson, impossible à coiffer, au réveil je n'en parle même pas. Le genre de cheveux qu'on déteste avoir, mais dont les coiffeurs s'exclament... Alors, ça pour une école de coiffure, mes cheveux c'est génial, mais à porter tous les jours c'est une tuile !

Bref, la tension érotique a disparu. Mes cheveux ont débandé. Elle a tout gâché.
Du coup, elle me termine comme elle peut, puis je décide que c'en est fini. Alors, comme si de rien n'était je me lève et me rhabille et je sors mon carnet de chèques. Situation équivoque... Je la paye, je lui souhaite de bonnes fêtes, j'hèle le reste des coiffeuses "bonnes fêtes", elles me répondent en choeur, et puis je sors... Et soudain, le froid me saisit, l'esprit me revient. L'expérience est finie.


Je ressors rincé de ce contact physique et de ce trop-plein émotionnel.
Décidement, aller chez le coiffeur est une expérience cathartique.

samedi 17 décembre 2005

* { THE ONE WHERE IT ALL BEGINS }

Le début d'une aventure... Ici... Pourquoi ? Par envie de déposer mes mots quelque part, leur offrir un refuge...

J'aime écrire.

Truman Capote dit dans la préface de son recueil de nouvelles Musique pour caméléons : "Un jour je me suis donc mis à écrire, ignorant que je m'enchaînais pour la vie à un maître très noble mais sans merci." Lui en a fait son métier, moi un désir. La noblesse de l'écriture, l'impitoyabilité de son addiction...


Bienvenue chez moi.